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Albert Frère [GBL, CNP] & Paul Desmarais couronnés de succès avec Lafarge
PerfomanceBourse.com, le 12/12/2007
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C'était au tout début de l'année 2006 : le 26 janvier, le holding belge Groupe Bruxelles Lambert (GBL) annonçait détenir plus de 5% du capital du cimentier Lafarge. A la suite d'achats successifs, GBL dépasse les 10% en mai, les 15% en décembre. Début 2007, voilà GBL à la tête d'une trentaine de millions d'actions Lafarge, soit 17% de son capital. Mais depuis lors, plus un bruit. Jusqu'à ce 10 décembre 2007, où Lafarge s'envole tout d'un coup... GBL, dont les deux principaux actionnaires sont le belge Albert Frère et le canadien Paul Desmarais, va profiter de l'occasion qu'il a contribué à créer ! Petit résumé des faits.

La méthode Albert Frère : (fondamentaux + patience) = plus-value² !

Le propre d'Albert Frère est d'intervenir sur de grandes sociétés cotées, principalement françaises. Il a une prédilection pour les industrielles aux bilans et aux fondamentaux solides. Celles à qui il peut il apporter sa « marque de fabrique » : l'expérience des affaires d'Albert Frère, son réseau de connaissances économiques, financières et politiques, ainsi... que ses exigences en termes de gestion et de valorisation de l'entreprise, ce qui passe par une montée graduelle de son influence au sein des instances dirigeantes de l'entreprise. Et par une hausse des cours, faut-il le préciser ?

Car malgré son air affable, le financier belge est un investisseur redoutable qui sait non seulement faire valoir ses intérêts, mais dispose d'une capacité d'entrainement sur les autres grands actionnaires des entreprises auxquelles il participe. Comme il se trompe rarement, autant dire que l'effet d'adhésion joue à plein.

C'est ce modèle qu'il a appliqué au cimentier français Lafarge. Cela fait presque deux ans que son holding Groupe Bruxelles Lambert a commencé à grimper au capital du groupe de matériaux de construction français, dépourvu jusqu'alors d'actionnaire de référence. Le temps de prendre ses marques dans l'entreprise, de bien connaître ses dirigeants, de leur exposer ses volontés.

Le « coup du 10 décembre »

Cela faisait presque un an que GBL n'avait plus bougé au capital de Lafarge. Mais ne vous y trompez pas : cela ne signifie pas qu'Albert Frère s'était endormi. La preuve est venue le 10 décembre 2007 : quand l'attention se focalise sur les affres de la crise du crédit et des subprimes, voilà que Lafarge annonce l'acquisition du géant égyptien du béton Orascom Cement. Montant de l'emplette : près de 9 milliards d'euros, soit pratiquement la moitié de la valeur boursière de Lafarge actuellement !

Orascom Cement, c'est le « morceau de choix » d'un groupe égyptien plus large, Orascom Construction Industries (40.000 salariés dans 20 pays émergents) construit par le patriarche milliardaire Nassef Sawiris. Nous connaissions déjà son fils Naguib, qui s'occupe de la branche Télécoms du groupe – Orascom Telecom et Weather Investments. Le tableau de famille prend forme...

La conception du montage annoncé par Lafarge le 10 décembre n'a pu échapper à son premier actionnaire : selon Lafarge, Nassef Sawiris montera à plus de 11% du capital de Lafarge par l'intermédiaire d'une augmentation de capital à 125€ qui lui sera réservée, pour un montant total de 2,8 milliards d'euros. Cerise sur le gâteau : une clause assurant que l'égyptien conservera ses titres pendant au moins quatre ans.

L'avantage de l'opération pour Lafarge ? C'est simple :

  • par sa nouvelle taille, le groupe reprend nettement la tête parmi les cimentiers mondiaux - le suisse Holcim, le mexicain Cemex, l'allemand HeidelbergCement - ;
  • il réduit son exposition au marché nord-américain, frappé par des menaces de récession ;
  • il gagne la plus forte présence du secteur dans les pays émergents dont la croissance s'"autonomise" par rapport aux USA.
Alors que la conjoncture économique ralentit en Occident, miser sur l'Orient est plutôt bien joué...

Suivez les bonnes affaires du baron Frère !

Résumé boursier de l'opération : grosso modo, Albert Frère - que le roi des Belges a fait baron - a acheté l'année dernière des titres Lafarge à un cours inférieur de plus de 20% à ce qu'il est aujourd'hui. Malgré un contexte de marché troublé, sur un an, l'action Lafarge gagne près de 12% quand le CAC parvient difficilement à dépasser les 5%.

Mais pour en profiter en temps utile, encore faut-il disposer de la bonne information au bon moment. Une seule solution : vous abonner à la lettre Les Barons de la Bourse !


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La chronique bimensuelle de Performance Bourse


Mercredi 31 Juillet 2008 (clôture du 30 Juillet)
La reprise des marchés actions se confirme. La baisse des cours du pétrole soulage les investisseurs qui anticipent désormais un rebond de la consommation. Sur les deux dernières semaines, les principales places mondiales ont regagné du terrain. Le CAC40 a enregistré un gain salvateur de 6,39% soit 259 points. Les autres places européennes ne sont pas en reste. A Francfort, le Dax s'est adjugé 5,21%, soit 317 points tandis qu'à Londres, le Footsie a grimpé de 2,84%, soit 147 points. Le rebond des indices américains explique en partie la bonne tenue des places européennes. A Wall Street, le Dow Jones s'est regonflé de 295 points, soit une variation positive de 2,7%, le Nasdaq a progressé de 4,39% et le Standard & Poor's de 2,8%.

La principale raison au sursaut enregistré par les marchés actions est la baisse du prix du pétrole. Le baril, livraison septembre, qui sert désormais de référence, est revenu autour des 120 dollars après deux mois de flambée en mai et juin et un pic à 147,50 dollars courant juillet. La cherté de l'or noir a considérablement réduit la demande mondiale. Mais l'accalmie pourrait être de courte durée. D'ores et déjà, les cours repartent à la hausse face aux inquiétudes persistantes sur le programme nucléaire iranien et aux tensions politiques et sociales au Nigéria.
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