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Albert Frère se sort du bourbier fromager
Zonebourse.com, le 28/12/2009
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(Zonebourse.com) - Sur les terres d'Albert Frère, les vaches ne paîtront plus. Albert Frère est un de nos rares « barons » qui puisse s'enorgueillir d'être également... baron, depuis qu'Albert II de Belgique lui a accordé ce titre en 1994. Dans sa baronnie financière, l'homme possédait un groupe laitier plutôt mal en point, Entremont. Le petit roi de l'emmental aurait enfin trouvé preneur.

Cette fois-ci, l'affaire semble être (enfin) bouclée : Entremont devrait être vendu au groupe français Sodiaal. Les actionnaires de CNP, le fonds d'Albert Frère, et de la coopérative Unicopa, ont annoncé que le deuxième candidat, Lactalis, ne faisait plus partie de la compétition.

"Seule l'offre faite par le groupe Sodiaal était recevable par l'ensemble des parties prenantes", déclaraient-ils dans un communiqué.

Pour Albert Frère la cession du fromager aura été un véritable parcours du combattant, avec plusieurs allées et venues de Lactalis parmi les candidats. Il faut dire que la reprise du fabricant d'emmental était - et demeure - une très délicate opération, l'entreprise se trouvant dans une situation financière difficile.

Au moins, le problème politique soulevé par la succession de CNP et Uniciopa dans le capital d'Entremont est-il réglé : la solution Sodiaal était clairement soutenue par le ministère de l'Agriculture, qui voyait d'un bon œil la constitution d'un champion national de l'industrie laitière, à l'heure où l'or blanc traverse une crise historique.

Emmental râpé
Mais Sodiaal n'est pas au bout de ses peines. Entremont traine une dette colossale de 360 millions d'euros, à laquelle les 60 millions de pertes concédés l'an passé n'ont rien arrangé. Et les discussions avec les banques n'ont encore rien donné de définitif, même s'il semble acquis qu'avec la vente elles devront tirer un trait sur "plusieurs dizaines de millions d'euros", selon Ouest-France (23/12).

Pour Albert Frère, Entremont était en quelque sorte la "patate chaude" qu'il fallait s'empresser de remettre dans des mains mieux équipées. Sodiaal était le bon candidat, sans aucun doute, puisqu'avec Entremont il accède au quatrième rang européen des sociétés laitières.

Encore faut-il que Sodiaal améliore sa copie. Sur le plan social, le groupe est plutôt bien accueilli, les salariés étant surtout inquiets des coupes dans les effectifs que prévoyait Lactalis. Mais Sodiaal estime qu'il sera nécessaire de lancer un plan de restructuration dont le coût est estimé à 50 millions d'euros.

Pour le financer, le groupe souhaitait appliquer aux producteurs laitiers une contribution de 3,80 euros pour 1.000 litres de lait. Mais Sodiaal pourrait bien être contraint de revoir ses plans. Les producteurs sont déjà très atteints par la crise et les pouvoirs publics pourraient réagir assez vivement face à une mesure qui renforcerait la grogne.


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