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Arnaud Lagardère [Lagardère] mis en cause dans des « délits d'initiés massifs » dans EADS
PerfomanceBourse.com, le 05/10/2007
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A la tête du groupe qui porte son nom, Arnaud Lagardère a bien du souci à se faire en tant que premier actionnaire français d'EADS. Dernièrement, les choses semblaient s'améliorer : après bien des péripéties, Airbus devrait livrer son premier gros porteur A380 le 15 octobre prochain. Mais voilà que le groupe est rattrapé par un scandale qui implique ses propres dirigeants et actionnaires, accusés de délits d'initié. L'AMF est sur l'affaire, et elle s'annonce délicate pour les cadres de l'avionneur européen.

Certes, la procédure de l'AMF n'est pas terminée, mais selon la note d'étape que s'est procuré le Figaro, transmise entre temps au parquet, les charges sont lourdes : des « délits d'initiés massifs » sont évoqués. C'est le pôle financier qui se charge de l'affaire, qui a notamment été initiée par une plainte de l'Association des petits porteurs actifs (Appac).

Le Figaro met également en cause l'Etat, qui est aussi actionnaire d'EADS : « le ministère des Finances, également informé des difficultés à venir, a pourtant donné à l'époque son feu vert à la vente des actions détenues par Lagardère ». Pour mémoire, l'Etat et Lagardère ont lié étroitement leurs participations dans EADS par la holding Sogeade. Ainsi que les autres actionnaires dont DaimlerChrysler et les dirigeants – pas moins d'une vingtaine ont été mis en case par le document cité par le Figaro.

Le grand argentier de l'époque, Thierry Breton, a estimé en retour que l'Etat avait « eu un comportement irréprochable ». L'actuelle ministre, Christine Lagarde, botte en touche : récusant tout délit d'initié, elle a rappelé que l'Etat n'avait jamais cédé d'actions EADS.

Le groupe Lagardère SCA a publié un communiqué hier : « après la diffusion dans les médias d’un document provisoire de l’AMF, qui a donné lieu à des interprétations conduisant à des accusations infondées, le groupe Lagardère a décidé d’introduire toutes les procédures judiciaires nécessaires pour obtenir réparation des dommages qu’il subit ».

Sous couvert d'anonymat, un cadre d'EADS confie au Figaro que « nous avons été laxistes. Nous avons même commis une faute. La direction financière devait prendre des mesures conservatoires et, au minimum, bloquer toutes les demandes de cessions de titres dès septembre 2005. Personne n'aurait dû vendre en novembre 2005 et mars 2006 ainsi qu'a fortiori en avril 2006 ». Un autre va plus loin : « Il y a eu un grave défaut de circulation de l'information au sein de l'entreprise - entre Airbus et sa maison mère EADS - et de communication vers le monde extérieur. Le marché aurait dû être averti plus tôt. Mais la direction financière et les coprésidents d'EADS auraient dû réagir ainsi que les membres du conseil d'administration qui veillent aux intérêts de tous les actionnaires ». Sans commentaire.

Rappelons pour mémoire qu'Arnaud Lagardère avait déclaré en juillet 2006 que s'il avait le choix « entre passer pour malhonnête ou incompétent, il assumait la seconde hypothèse ». Aujourd'hui, le courtier Oddo Securities a évalué à 750 M€ le risque financier que cette poursuite fait peser sur Lagardère SCA, dont Arnaud est le co-gérant.


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Ces quinze derniers jours, deux traits marquants caractérisent les marchés boursiers : une tendance globalement baissière – le CAC a perdu 3,5% sur la période – et une forte volatilité : sur la période, l'indice parisien a varié entre 4.386 et 3.957 points – son plus bas depuis mai 2005 –, soit une amplitude de plus de 400 points ! Même son de cloche côté américain, où le Dow Jones a cédé presque 3%. L'on peut toujours se consoler en constatant que si, depuis le début de l'année, le CAC perd 26% et le Dow 18%, les indices émergents (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont chuté de 22 à 43%. Autre événement à noter : les nouvelles macroéconomiques sont reléguées au second plan par les catastrophes financières. Certaines méritent cependant d'être signalées : l'OCDE a relevé ses prévisions de croissance US de 1,2 à 1,8% en 2008, pariant sur une stabilisation du marché immobilier et du système financier américain au cours de l'année prochaine. En revanche, elle a abaissé celles de la zone euro, de 1,7 à 1,2%.
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