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Carlos Slim [Telmex] face à la concurrence dans les télécoms
Zonebourse.com, le 29/11/2007
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(Zonebourse.com) - Gros temps en vue pour la troisième fortune mondiale, le mexicain Carlos Slim ? Le régulateur de la concurrence du Mexique a annoncé son intention de poursuivre, courant novembre, l’examen de la situation des opérateurs téléphoniques détenus par le milliardaire Carlos Slim, Telefonos de Mexico (Telmex) et America Movil. Il faut dire que le magnat des télécoms et patron du holding diversifié Grupo Carso détient presque la moitié de la capitalisation boursière du Mexique à lui tout seul...

Eduardo Perez Motta, président de la Commission Fédérale de la Concurrence avait affirmé en juillet dernier qu’il était nécessaire de déterminer si Telefonos de Mexico et America Movil se trouvaient en situation de monopoles dans certaines régions. Le cas échéant, avait-il averti, il conviendrait de renforcer le droit de la concurrence.

Le régulateur mexicain renouvelle ainsi son intention de mettre de l’ordre dans la domination des telecoms actuellement exercée par Slim, qui a construit voilà 16 une sorte de « monopoly des télécoms » à partir de l’ancien opérateur public. Dans les années 90, le président mexicain Carlos Salinas lance la privatisation de Telefonos de Mexico, plus connu sous le nom de Telmex. Carlos Slim monte un consortium avec France Télécom et Southwestern Bell Corporation (5 % chacun, et 10 % pour Grupo Carso, le holding de Slim) et remporte le marché. Ce bloc de contrôle de 20% est privatisé pour 1,75 milliard de dollars, prix jugé anormalement bas par nombre d'observateurs qui dénoncent la collusion de Slim et de Salinas. Ce que le mexicain a toujours contesté.

Un géant sud-américain des télécoms

Telmex détient désormais 90 % des lignes téléphoniques fixes au Mexique. Sa filiale America Movil (Telcel) dispose pour sa part de 77 % des raccordements mobiles dans le pays. et compte aujourd'hui quelque 130 millions d'abonnés en Amérique latine où se classe numéro devant l'espagnol Telefonica.

« Logique, puisqu'il n'y a pas de dégroupage. La réglementation a laissé à Telmex la propriété du dernier kilomètre », commente un observateur. Conséquence : « le maintien de tarifs, notamment internationaux, plus élevés qu'ailleurs », constatait en juillet dernier Luis Rubio, président du Cidac (Centre de recherche pour le développement), cité par Les Echos. La faute, selon lui, aux instances de régulation, fort modérées dans leurs prescriptions.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Felipe Calderon, la polémique aurait rebondi, ce dernier entendant s'attaquer aux monopoles. Néanmoins, selon Luis Rubio, le discret mais puissant lobbying du groupe Carso pourrait bien resurgir. « Je pense que le monopole ne tombera que le jour où Carlos Slim lui-même le décidera », analysait alors l'expert en télécoms. « Ce qui peut l'y pousser, c'est l'évolution technologique, actuellement freinée par la réglementation », ajoute-t-il, « d'autant que la technologie permettra de toute façon bientôt de contourner le problème du dernier kilomètre. »

Concurrence en vue ?

« Le Mexique a connue deux changements majeurs en quinze ans : l'adhésion à l 'Accord de libre-échange nord-américain (Alena) et l’accès à la démocratie. Sans plus de concurrence dans le secteur des télécoms, le process demeura incomplet », a récemment affirmé Luis de la Calle, un important responsable gouvernemental lié au commerce, actuellement partenaire de la société De la Calle Madrazo Mancera SC, une société mexicaine de consultants.

Il y a fort à parier que Telmex et Telcel seront d'ici peu contraints d'assouplir leur manière de fonctionner. Gageons que Slim saura, un fois encore, rebondir...


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