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Conrad Black [Hollinger International] sujet d'une biographie sans concessions
Zonebourse.com, le 15/11/2007
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(Zonebourse.com) - « L'homme qui s'est saboté lui-même » : voilà comment la presse canadienne résume la biographie détaillée, mais non autorisée, qui vient de paraître sur Conrad Black, empereur déchu des médias. Le titre exact de l'ouvrage est « Le baron Black », version française de « Lord Black of Crossharbour ». Son auteur : un journaliste et auteur canadien, George Tombs. Personnage aux multiples facettes, historien et homme d'affaires, à la fois controversé, flamboyant et excentrique, l'ascension de Black avait été suivie dans les années 80. De même que sa récente chute.

Alors que la sentence de ce canadien devenu noble anglais sous le nom de Lord Black de Crossharbour est sur le point d'être rendue, ce livre brosse un portrait sans complaisance de cet homme au cheminement peu ordinaire. George Tombs y a passé six ans et a réalisé plus de 200 entrevues avec des gens comme Henry Kissinger, Kenneth Thomson, Izzy Asper et bien sûr le baron Black lui-même. Il nous raconte une histoire fascinante : la montée puis la chute de Lord Black.

George Tombs ne se limite pas à décrire fidèlement le cheminement de Conrad Black, de sa petite enfance dans une famille aisée, en passant par son ascension dans le monde des affaires, jusqu'à sa chute. Il se sert de sa formation d'historien pour décrire et expliquer avec finesse le contexte de l'époque, les courants politiques et les principaux personnages qui ont eu une influence sur le cours de son existence.

L'ouvrage accorde également une large place à la fascination qu'avait Black pour les journaux. En 1978, Conrad Black réalise en effet un rêve de jeunesse en accédant à la présidence de la puissante Argus Corporation, position dont il se sert pour fonder le groupe Hollinger, futur fer de lance d'un empire médiatique qui atteindra son apogée dans les années 90. Au cours de cette période, Conrad Black et Hollinger contrôlent 60 % des journaux canadiens ainsi que des centaines de quotidiens américains, britanniques, australiens et israéliens. En 1999, Conrad Black est à la tête de la troisième plus puissante entreprise de presse du monde possédant entre autres le Chicaco Sun-Times, le Daily Telegraph de Londres et le Jerusalem Post. Un empire de presse dont il se servait abondamment pour tenter d'influencer le cours des événements et de convertir les lecteurs à ses opinions résolument conservatrices.

Puis la justice américaine inculpe Conrad Black de fraude en novembre 2005 pour avoir détourné 80 millions de dollars de 1999 à 2001. Le 13 juillet 2007, il est notamment reconnu coupable d'entrave à la justice. L'homme d'affaires pourrait théoriquement être condamné le 30 novembre à au moins 20 ans d'emprisonnement.

« J'ai suivi de près l'ascension et la chute de Conrad Black », écrit George Tombs, cherchant, « tel un journaliste-témoin dans Citizen Kane, à expliquer ce magnat de presse plus grand que nature qui, au niveau personnel, semble s'être saboté lui-même par son avidité, son comportement provocateur et son exhibitionnisme ».


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