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Eric Knight [Knight Vinke] organise la fronde contre HSBC
Zonebourse.com, le 11/10/2007
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(Zonebourse.com) - Patron de la société d'investissement Knight Vinke Asset Management (KVAM), Eric Knight a lancé début septembre une charge en règle contre la première banque d'Europe et la quatrième banque mondiale, HSBC (Hongkong & Shangai Banking Corporation). « Knight » signifie « chevalier », et c'est d'ailleurs une sorte de joute qu'il propose au PDG de HSBC, Stephen Green.

Dans le Daily Telegraph de début septembre, Knight affirmait que « HSBC fournit de maigres performances sur le long terme [en matière de retour sur investissement] que l'on regarde sur les deux, trois, cinq, neuf, dix ou douze dernières années. Les courts moments où les résultats ont été solides ne compensent pas une situation que l'on peut caractériser globalement de faible retour sur investissement ». Voilà la direction d'HSBC habillée pour l'hiver et sa stratégie taillée en pièces...

Eric Knight n'est en pas à son coup d'essai : ce raider européen est à l'origine de l'unification de l'organigramme anglo-néerlandais de la pétrolière Royal Dutch Shell en 2004. C'est à partir de cette époque que les conseils d'administration européens ont commencé à le redouter...

En 2006, il faisait partie de ceux qui ont contré avec succès la direction du groupe hollandais de presse professionnelle VNU, qui voulait racheter l'américain IMS Health pour 6 milliards d'euros. Puis toujours à son instigation, VNU a été racheté par des fonds de « private equity » comme Carlyle, Blackstone et KKR. Pour le plus grand bénéfice de ses actionnaires, dont KVAM.

Plus récemment, KVAM avait acheté des actions Suez sous 17€ en 2004, avant de les revendre vers 40€ en début d'année. KVAM a notamment plaidé pour le rachat de 100% d'Electrabel, puis pour la scission des activités énergie/environnement. Il a d'ailleurs regretté la cession partielle finalement décidée.

Non-conformiste et amateur de « chasse au gros »
Eric Knight s'attaque donc à de « gros morceaux » : « traiter avec les grandes capitalisation relève de la politique », confie-t-il au Telegraph. « Les grosses capitalisations ne changent que lentement, alors que le monde bouge vite. Regardez l'impact des médicaments génériques sur les pharmaceutiques, celui des variations de change, de l'envol de l'Inde et de la Chine. Regardez les valeurs des services collectifs ('utilities') qui dix ans plus tôt se comportaient comme des obligations. Leurs cours varient aujourd'hui comme ceux des matières premières ! Et pourtant, les analystes n'ont pas changé leur marnière de couvrir ces valeurs ».

En même temps, il refuse d'être présenté comme un agresseur : « ce serait une erreur que de nous considérer comme des agitateurs. Nous ne nous jouons pas sur le prix de l'action [HSBC] à court terme. Nous avons déjà dépensé des centaines de milliers de livres dans ce projet, ce que nous n'aurions pas fait si nous n'étions pas persuadés du potentiel d'HSBC ».

Un Carl Icahn européen ?
On peut retrouver chez lui des traits communs avec Carl Icahn, cet américain réputé être « le meilleur ami des actionnaires et le pire cauchemar des dirigeants ». D'ailleurs, dans l'affaire HSBC, Eric Knight s'est allié avec d'autres actionnaires mécontents, dont le puissant fonds de pension des professeurs de Californie, CalPers. Ainsi que – au moins – quatre autres fonds qui, manifestement, partagent sa conviction. Début octobre, le California State Teachers' Retirement System (Calstrs) a rejoint les contestataires. Au grand désespoir de Stephen Green, président d'HSBC, qui pensait que Knight serait isolé.

Que veut Knight à HSBC ? Il lui reproche son échec à constituer une banque de financement et d'investissement digne de ce nom, et pire : les coûteuses acquisitions d'HSBC en Europe et aux Etats-Unis (près de 15 milliards de dollars pour Household en 2003, une institution pleine de « subprimes »...) au détriment de la région qui a pourtant donné son nom à la banque : l'Asie. Alors que c'est là que la croissance est la plus forte.

Eric Knight est également patient : « il nous a fallu trois ans et demi pour obtenir satisfaction sur le dossier Suez. Nous venons juste de commencer avec HSBC ».

Voilà une affaire que nous suivrons avec intérêt ...


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