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Eric Knight [KV AM] veut que HSBC se défasse de sa filiale américaine HFC
PerfomanceBourse.com, le 04/03/2008
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Eric Knight, le patron du fonds activiste Knight Vinke Asset Managment (KV AM), avait vertement tancé la direction de la banque britannique HSBC au moment de son entrée à son capital, en mai 2007. Dans un premier temps, la direction de la banque, emmenée par Stephen Green, avait freiné des quatre fers face à ce trublion qui contestait... pratiquement toute la stratégie d'HSBC. Puis leurs relations se sont adoucies, et Eric Knight a rencontré Stephen Green au début du mois de février. Leurs entretiens « secrets » - qui se poursuivent – viennent déboucher sur une proposition : que HSBC se débarrasse de sa filiale US... C'est presque fait pour ses agences bancaires françaises.

Dans son édition dominicale (daté du 2 mars), le quotidien britannique The Times confirme que ces propositions étaient au coeur des rencontres qui se sont tenues depuis un mois entre les deux hommes. La banque vient de publier des résultats annuels 2007 globalement en hausse – le bénéfice net prend 21% à 19,13 milliards de dollars –, en dépit de dépréciations d'actifs, de recul des performances aux Etats-Unis, et d'une année 2008 envisagée comme « incertaine ».

L'air du reproche

Knight Vinke AM publie sur son site Internet un communiqué daté du 29 février. On peut y lire que « le fait que HSBC obtienne la meilleure rentabilité mondiale sur ses activités dans les marchés émergents n'est bien sûr pas une surprise, et ne devrait pas faire oublier aux investisseurs que, si l'acquisition de HFC [qui date de 2003, NDLR] n'avait pas eu lieu, le cours du titre HSBC se traiterait 2 à 3£ de plus que tel n'est le cas aujourd'hui », affirme KV AM,

La firme indique aussi que depuis longtemps, elle indique que HSBC a trop misé sur les marchés matures occidentaux, et pas assez sur ceux des pays émergents. La société de Knight rappelle aussi qu'elle n'a cessé d'appeler à ce que HSBC se défasse de HFC, l'acronyme de HSBC Finance Corporation, la filiale américaine de la banque.

Rappel des épisodes précédents

Knight Vinke AM rappelle que « HSBC a acquis Household International – maintenant HFC – pour environ 15 milliards de dollars. A la différence d'une banque, HFC n'a pas accès aux dépôts de ses épargnants et se finance donc presque exclusivement sur les marchés de la dette ».

Entre temps, la contraction du marché de l'immobilier US menace la valeur de ces actifs et KV AM ajoute que la banque américaine « Goldman Sachs (le courtier immobilier de HSBC) estime que HSBC devra déprécier environ 10 milliards d'actifs liés à l'acquisition de HFC, et 10 à 15 milliards de dépréciations de prêts avant que le retournement actuel ne touche à sa fin ».

« Erreur stratégique catastrophique »

L'exposé des faits est sévère, et se poursuit avec cette vive critique : « la décision de HSBC d'entrer sur le marché des 'subprimes' aux Etats-Unis fut une erreur stratégique catastrophique. Elle traduisait l'obsession de HSBC de poursuivre sa diversification géographique plutôt que de mettre l'accent sur ses avantages comparatifs ».

Les 4 propositions de Knight Vinke AM

Evoquant l'activité « subprimes », KV AM indique que « ce n'est clairement pas une activité que HSBC devrait continuer à posséder, quoi qu'en dise le management », puisqu'il prédit que seule « une fraction » de cette activité survivra – et encore... Et que les coûts liés à son effondrement ne sont pas encore totalement pris en compte par le marché.

1. Eric Knight propose d'abord un remède de cheval : l'option « la plus radicale serait que HSBC sorte tout simplement de HFC et mette l'activité en question sous administration extérieure, ou sous séquestre. Il en résulterait la perte de la valeur d'actif de HFC (et probablement les 15 milliards prêtés par HSBC aussi), mais ses actionnaires verraient le bilan soulagé d'actifs douteux de 150 milliards de dollars ».

2. Deuxième option : que HSBC entre en négociations avec les débiteurs de HFC pour restructurer son endettement. « En cas de succès, ceci permettrait à HFC de rester une filiale de HSBC, mais à côté de la maison-mère et sans lien avec elle », ajoute KV AM.

3. Troisième piste : que « HSBC recapitalise HFC en y injectant 10 à 15 milliards de dollars de cash, ou déprécier totalement le prêt de 15 milliards de dollars entre les deux sociétés et vendre la filiale (et nous avons des raisons de penser qu'il y aurait des acheteurs à un tel prix ) », indique KV AM.

4. Dernière idée : « que HSBC recapitalise HFC avant de le coter en Bourse au profit de ses actionnaires, et donc de le séparer de sa maison-mère ». Selon KV AM, cette option permettrait aux actionnaires de choisir s'ils veulent ou non s'exposer au risque posé par HFC sans pour autant menacer les finances du groupe HSBC.

« Chacune de ses solutions permettrait de bâtir une enceinte de confinement autour des activités 'toxiques' de HSBC dans les 'subprimes' », indique la société d'Eric Knight. Et cela devrait surtout « provoquer un regain d'intérêt pour l'action HSBC de la part des investisseurs, puisque cette opération aboutirait à augmenter l'exposition du groupe aux marchés émergents », et augmenterait la solidité financière de HSBC. KVAM préfère cette solution au défaut de paiement de HFC, qui rendrait difficile pour HSBC toute implantations ultérieure aux Etats-Unis.

La boucle serait donc bouclée, selon Eric Knight. Reste à savoir ce que décidera la banque.

HSBC va vendre ses agences françaises ?

En attendant, et dans la même logique, la banque britannique a annoncé que la cession de ses agences bancaires de France – rachetées au CCF, à la Société marseillaise de crédit, à la banque Hervet...- est en cours. Les Banques populaires seraient les mieux placées – elles sont en négociations exclusives avec HSBC –, elles auraient proposé 2,1 milliards d'euros pour 380 agences, 425.000 clients de détail, et 62.000 professionnels.

« Par agence, nous payons 5,3 millions d'euros, ce qui est très correct », a déclaré Philippe Dupont, des Banques populaires... Le CIC (Crédit mutuel) est également en lice, de même que le Crédit agricole et les Caisses d'épargne.


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La chronique bimensuelle de Performance Bourse


Mercredi 31 Juillet 2008 (clôture du 30 Juillet)
La reprise des marchés actions se confirme. La baisse des cours du pétrole soulage les investisseurs qui anticipent désormais un rebond de la consommation. Sur les deux dernières semaines, les principales places mondiales ont regagné du terrain. Le CAC40 a enregistré un gain salvateur de 6,39% soit 259 points. Les autres places européennes ne sont pas en reste. A Francfort, le Dax s'est adjugé 5,21%, soit 317 points tandis qu'à Londres, le Footsie a grimpé de 2,84%, soit 147 points. Le rebond des indices américains explique en partie la bonne tenue des places européennes. A Wall Street, le Dow Jones s'est regonflé de 295 points, soit une variation positive de 2,7%, le Nasdaq a progressé de 4,39% et le Standard & Poor's de 2,8%.

La principale raison au sursaut enregistré par les marchés actions est la baisse du prix du pétrole. Le baril, livraison septembre, qui sert désormais de référence, est revenu autour des 120 dollars après deux mois de flambée en mai et juin et un pic à 147,50 dollars courant juillet. La cherté de l'or noir a considérablement réduit la demande mondiale. Mais l'accalmie pourrait être de courte durée. D'ores et déjà, les cours repartent à la hausse face aux inquiétudes persistantes sur le programme nucléaire iranien et aux tensions politiques et sociales au Nigéria.
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