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François Pinault déplore la réticence des Grandes écoles
Zonebourse.com, le 07/01/2010
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(Zonebourse.com) - Le souhait du gouvernement de porter à 30% le nombre de boursiers susceptibles d'être accueillis dans les Grandes écoles n'a manifestement pas fait l'unanimité au sein de ces établissements « d'élite ». Dans un article du journal Le Monde de cette semaine, François Pinault et Alain Minc ont cosigné un courrier dans lequel ils regrettent avec une vive amertume la réaction de la CGE (Conférence des Grandes Ecoles).

Diffusé le 23 décembre dernier par l'instance qui représente les Grandes Ecoles de la nation, le texte expliquait clairement les raisons pour lesquelles elle « désapprouve la notion de « quotas » et réaffirme que les niveaux des concours doivent être les mêmes pour tous ».

S'il est vrai que « la démocratisation de l'enseignement supérieur est une exigence d'équité citoyenne », la CGE estime toutefois que celle-ci doit privilégier « des soutiens individualisés (...) apportés aux candidats issus de milieux défavorisés pour les aider à réussir des épreuves qui peuvent leur sembler plus difficiles parce que leur contexte familial ne les y a pas préparés ».

Un avis qui a semble-t-il révolté François Pinault et Alain Minc, deux personnages influents, aux parcours disparates. Le premier, patron de PPR, est un entrepreneur autodidacte et un capitaliste assumé ; le second est un technocrate, major de l'ENA et intellectuel reconnu. Des différences qui n'ont pas le moins du monde entamé une surprise teintée d'indignation à la lecture du texte de la CGE.

« Comment peut-on dans la société contemporaine être aussi réactionnaire ? Comment croire que le niveau des concours doit être intangible afin de fixer à jamais une hiérarchie entre jeunes Français à l'âge de 20 ans ? » ont écrit les deux hommes.

À l'origine du plaidoyer « anti quotas » de la CGE, la signature, en novembre dernier, du contrat d'établissement de Sciences Po Paris par lequel l'école s'engage à accueillir 30% de boursiers dès 2012.

Valérie Pécresse a pourtant précisé qu'il n'avait jamais été question de « quotas », mais « d'objectifs » : « Je souhaite que nous puissions porter à 30% le nombre de boursiers dans l'ensemble de nos grandes écoles » avait déclaré la Ministre de l'enseignement supérieur.

« Comment ne pas comprendre que l'équilibre de la société passe par le rétablissement de la promotion sociale et qu'à cette aune-là le respect absolu des modes de recrutement traditionnels est suicidaire ? ». Reste à savoir si le pamphlet de Messieurs Pinault et Minc incitera les Grandes Ecoles à revoir leur copie.


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