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Guy Wyser-Pratte revient en forme avec de grandes ambitions
Zonebourse.com, le 12/11/2009
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(Zonebourse.com) - Guy Wyser-Pratte est peut-être un "Rambo", mais c'est un "Rambo" pacifiste. Le surnom dont on l'affuble outre-Rhin ne dérange pas l'homme d'affaires franco-américain. Mais il rappelle que pour les deux-tiers des acquisitions réalisées par son fonds, depuis sa création en 1991, une résolution à l'amiable a été trouvée. Pourtant, quand la douceur ne marche pas, "Good Guy" n'hésite par à durcir le ton...

La pause est finie pour Guy Wyser-Pratte, comme il l'annonce lui-même dans une interview accordée à Reuters (12/10). Celui qui fut un peu le père de tous les activistes financiers confesse que la crise l'a contraint à la prudence. Il n'était pas question de vendre ses participations, s'empresse-t-il d'ajouter, mais il était nécessaire de s'asseoir un peu sur le bord de la route et d'attendre que la bourrasque s'apaise.

Mais tout n'est pas rose aujourd'hui, les actionnaires ayant encore une aversion élevée contre le risque. Mais l'heure a sonné de repartir à l'offensive. Guy Wyser-Pratte avoue être à la recherche de nouvelles cibles, qui correspondent toujours aux profils favoris des activistes : des entreprises ayant des fondamentaux sains, mais souffrant d'une sous-évaluation ou d'une mauvaise gestion.

Une fois installé dans le capital, voire au conseil d'administration, l'activiste qui se respecte peut alors employer son énergie à obtenir des changements majeurs (cessions, scissions, nouvelles équipe de direction, ...) qui permettront de booster le titre.

D'ailleurs, l'appétit de Guy Wyser-Pratte s'exprime bruyamment ces temps-ci. Plutôt habitué à rester en coulisses, l'homme d'affaires de 69 ans vient d'adopter une stratégie dont il n'est guère coutumier : il est entré au conseil d'administration de l'allemand Kuka, spécialiste de la robotique.

Allié au fonds d'investissement allemand Grenzebach, il est parvenu à imposer ses vues et à piloter le remplacement du Pdg de Kuka. Car pour cet ancien Marines, il est parfois nécessaire d'agir directement. Selon lui, la principale difficulté de Kuka est de n'avoir pas su se diversifier, demeurant trop dépendant de l'industrie automobile.

Assis au board, Wyser-Pratte annonce qu'il défendra une expansion vers de nouvelles activités comme la défense, les services médicaux ou les services robotiques à la personne.

Cisco en amant éconduit
Et Kuka n'est pas le seul fer au feu de Guy Wyser-Pratte. Le financier est actuellement à la tête d'une fronde contre la prise de contrôle du norvégien Tandberg, numéro 2 mondial de la visioconférence, par l'américain Cisco (Bloomberg, 30/10).

Cisco, qui a proposé 3,04 milliards de dollars pour le groupe, pourrait bien retirer son offre, n'ayant obtenu qu'un peu moins de 10% du capital sur les 90% visés.

Des actionnaires majeurs, représentant au total 24% du capital, ont déjà laissé entendre que l'offre était vraiment trop insuffisante pour qu'ils apportent leurs titres. Pour Guy Wyser-Pratte, l'offre de Cisco devrait au moins se situer dans une fourchette de 165 à 190 couronnes par titre, contre une valorisation de 153 couronnes par action proposée par l'Américain.

Et l'ami Guy d'ajouter « ce que je n'aime pas, ce sont ces petits arrangements entre administrateurs et managers. Au lieu de rechercher l'intérêt de l'actionnaire, ils ne pensent qu'à eux-mêmes. Ils devraient être incités à mieux tenir compte des actionnaires. Cela relève de leur responsabilité financière ».

À bon entendeur...


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