L'actualité des Barons de la Bourse

Jérôme Kerviel reconnait des « bêtises » et veut rester « dans l'anonymat »
Zonebourse.com, le 09/02/2009
envoyerEnvoyer à un amiimprimerImprimeraccueilRetour accueil

(Zonebourse.com) - L'ex-trader de la Société générale, qui fuit les médias depuis la découverte de la fraude de 4,9 milliards d'euros qui lui est imputée, a accordé deux entretiens ces derniers jours : l'un à RTL et l'autre hier soir à TF1 dans l'émission d'information Sept à huit. Il reconnait être allé « trop loin » et avoir commis « des bêtises », mais jure que personne, au sein du desk Delta One où il évoluait, ne pouvait ignorer ses positions anormalement élevées.

« Toutes mes positions ont été vues, monitorées et contrôlées. [...] Je ne me cachais pas. J'étais au milieu du desk et tout le monde me voyait faire », a-t-il raconté. « Je reconnais avoir été trop loin, avoir pris des positions importantes. Il y a une certaine déconnexion de la réalité à un moment donné. Les chiffres ne veulent plus réellement dire grand chose (...) Je me suis laissé entraîner dans une spirale autoalimentée, sur laquelle mes supérieurs mettaient de l'huile pour que ça tourne à plein régime », plaide l'ancien trader. Avec un seul but : « faire gagner de l'argent » à la banque.

Sa ligne de défense ? Tant qu'il faisait gagner des millions à la banque, sa hiérarchie, qui connaissait ses positons, fermait les yeux. Jusqu'à fin 2007 où, pariant sur un rebond des marchés asiatiques, Jérôme Kerviel se loupe. Contraint de prendre des positons de plus en plus élevées (jusqu'à 50 milliards d'euros), il sera démasqué par un employé du Dax, la Bourse allemande, qui suspecte un faux dans les confirmations d'ordres que lui envoient le trader. Il aura passé 35 jours en détention à la prison de la Santé.

Entendu 38 fois par le juge Van Ruymbeke
« A aucun moment on m'a dit "stop". J'aurais bien aimé qu'on me dise "arrête tes conneries", ça va mal se passer », a déclaré Jérôme Kerviel. Mis en examen pour « abus de confiance », « faux et usage de faux » et intrusion dans un système automatisé de traitement de données informatiques », il a été entendu près de 38 fois en un an par le juge Van Ruymbeke.

Ironie du sort, Jérôme Kerviel lui a consacré un mémoire lorsqu'il était étudiant. « C'est quelqu'un que je respectais beaucoup ». L'ancien trader affirme que les auditions se sont dégradées au fil du temps.

L'ex-vedette du web, où sa popularité a atteint des sommets au coeur de l'affaire, travaille pour LCA. Cette société spécialisée en conseil et expertise informatiques basée dans les Hauts-de-Seine, est dirigée par Jean-Raymond Lemaire, qui l'avait hébergé, voire protégé au lendemain de la découverte du scandale.

Un peu plus d'un an après, Jérôme Kerviel dit vouloir rester à l'écart du monde des traders, où « tout est faux, irréel, basé sur la paraître ». Il souhaite rester « dans l'anonymat ». L'instruction est close depuis le 26 janvier dernier, le procès devant se tenir en 2010. Jérôme Kerviel, 32 ans, risque cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende.


Jérôme Kerviel reconnait des « bêtises » et veut rester « dans l'anonymat »

Les autres titres :

Publicité

RSS

graph

Ils font l'actualité PerformanceBourse.com