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Jim Rogers [Quantum Fund] n'aime plus le blé
Zonebourse.com, le 28/09/2007
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(Zonebourse.com) - Sa performance est effectivement impressionnante : à la Bourse de Paris, l'un des certificats sur le blé - dont le code est « 4719S » - affiche une progression de près de 100% depuis le 1er janvier. Certes, il est libellé en dollars US, mais quand même... Belle hausse pour cette matière première confrontée, ces derniers temps, à une hausse de la demande alors que l'offre était pénalisée par des excès de pluie (Ukraine) ou de sécheresse (Australie).

Mais le déficit de blé risque d'être temporaire : la banque d'affaires Goldman Sachs prévoit en effet que la prochaine récolte « sera la plus importante des dix dernières années ». La demande devrait donc être rassasiée, les silos de stockage aussi. Si l'on en croit les merveilleux mécanismes du marché, peut-être même que le prix de la baguette reviendra sur ses dernières hausses ?

Bref, selon Goldman, le prix du boisseau de blé devrait reculer de 30% au cours des douze prochains mois. Les prix des contrats à terme sur le marché international de Chicago plaident également en ce sens. Les fonds spéculatifs ont eux aussi coupé une grosse partie de leurs positions sur les produits dérivés liés au blé.

Jim Rogers pour les matières premières, mais contre le blé
L'américain Jim Rogers estime d'ailleurs que le blé est allé trop loin. Il faut remonter en 1973 pour retrouver une hausse aussi violente ! Qui est ce Jim Rogers ? Né dans l'Alabama en 1942, sa légende personnelle veut qu'il ait gagné son premier sou en ramassant les bouteilles après les matchs de base-ball, puis en vendant des sodas.

Plus sérieusement, dans les années 70, il participe au lancement du Quantum Fund, un fonds d'investissement qui prend 4.000% en dix ans et lui permet de prendre sa retraite à 37 ans. Ce sera une retraite active : il a deux tours du monde à son actif, à moto et en voiture. Et c'est toujours un investisseur avisé, souvent contre la tendance générale.

Il a fait fortune sur le marché des matières premières dans les années 70. Dans les années 80 et 90, il s'est tourné vers les actions, et bien lui en a pris. Puis il est revenu vers les matières premières en 1998, tout le monde le traitant – comme d'habitude – de fou. A tort, une fois de plus. Dans le magazine du Crédit Suisse, Jim Rogers déclarait dernièrement : « je ne vais pas jouer les prophètes, mais au regard du passé, cette hausse [des matières premières] devrait prendre fin entre 2014 et 2022. Les marchés haussiers durent longtemps car il faut du temps pour qu'une nouvelle offre soit disponible ». Bien sûr, il est bien vendre un jour : « lorsque des agriculteurs ou des mineurs feront la couverture de «Fortune», je sortirai du marché des matières premières ».

Si le « super cycle » des matières premières n'est pas encore terminé, certaines d'entre elles sont déjà « mûres ». Le 26 septembre, Jim Rogers a vitupéré contre le blé : « est-ce que j'achèterais du blé aujourd'hui? Non ! », a-t-il déclaré à la presse américaine. «Les prix du blé sont en pleine ascension depuis environ un an et je n'aime pas sauter dans un train en marche». Surtout s'il est le sur point de faire demi-tour !


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