L'actualité des Barons de la Bourse

Martin Bouygues [Bouygues] : pas de soutien des médias, selon Nicolas Sarkozy
Zonebourse.com, le 14/12/2007
envoyerEnvoyer à un amiimprimerImprimeraccueilRetour accueil

(Zonebourse.com) - Martin Bouygues n’a pas de souci à se faire pour la partie Médias de son groupe. Pas plus d’ailleurs qu’Arnaud Lagardère ou encore Vincent Bolloré, deux autres hommes d’affaires venus du monde de l’industrie. Selon les propos tenus par Nicolas Sarkozy aux journalistes du Nouvel Observateur (10/12), en fin d’une interview destinée à justifier la longue visite officielle du « Guide » libyen, Mouammar Khadafi, la presse française n’a rien à redouter de ses nouveaux patrons. Ni de lui-même...

« Réjouissez-vous que des industriels investissent dans la presse plutôt qu'elle appartienne à des fonds de pensions anglo-saxons ! Je vais être très clair : si je suis le seul risque pour l'indépendance de la presse, vous pouvez dormir tranquilles », a déclaré le président français, qui ajoute que la presse est « globalement de gauche » et a été « globalement opposée » à sa candidature.

SDJ mécontentes

Cette sortie n’a pas retenue l’attention des médias, focalisée sur « la France à l’heure de la Libye ». Mais le Forum des sociétés de journalistes (SDJ) n’en a pas moins réagit en n'appréciant guère la hauteur avec laquelle le Président traite le sujet.

Car Nicolas Sarkozy n'y va tout de même pas de main morte puisqu'il n'hésite pas à affirmer que la presse est « globalement de gauche » et a été « globalement opposée » à sa candidature.

Pour Jean-Michel Dumay, président du Forum des sociétés de journalistes (SDJ), les propos de Nicolas Sarkozy sur la presse sont « inacceptables et dangereux ».Que le président « se satisfasse de la montée en puissance des industriels dans les médias témoigne d'une totale désinvolture sur le sujet », a-t-il jugé, rappelant que Nicolas Sarkozy était le « garant constitutionnel du pluralisme de l'information ».

Raccourci gênant

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) qualifie lui ces déclarations de « raccourci gênant ». « Cela voudrait dire que, dès l'instant où on analyse une politique et où on peut être amené à avoir un avis réservé, pas forcément élogieux, voire même un peu critique par rapport à celle-ci, on est systématiquement dans l'opposition et systématiquement de gauche », a-t-il jugé.

Le responsable du premier syndicat de la profession a estimé que le président « essayait surtout de botter en touche ». « Ce qu'on lui reproche, ce n'est pas qu'il soit ami avec Martin Bouygues ou avec Arnaud Lagardère. Ce qu'on reproche, c'est le fait que ces gens-là soient des industriels dont les entreprises vivent en partie de fonds publics et en même temps des patrons de presse », a-t-il expliqué.

La secrétaire générale du SNJ-CGT, Dominique Candille a souligné que le SNJ-CGT ne « se réjouissait pas » de la montée en puissance des industriels dans le secteur, jugeant « grave que la presse devienne un lieu d'investissement fructueux, un marché comme un autre ». « La presse n'est pas une industrie, c'est un pilier de la démocratie », a-t-elle souligné


Les autres titres :

Publicité

RSS

graph

Ils font l'actualité PerformanceBourse.com