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Oleg Deripaska face au désamour du Kremlin
Zonebourse.com, le 13/03/2009
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(Zonebourse.com) - Repéré en 2008 par Forbes comme la première richesse de Russie et la neuvième fortune mondiale, Oleg Deripaska, qui pouvait revendiquer alors un patrimoine de 28 milliards de dollars, est aujourd'hui au pied du mur. Son groupe Rusal, deuxième compagnie mondiale d'aluminium, est touché de plein fouet par la crise et l'effondrement du cours des matières premières. Sacrifice suprême, le milliardaire est même contraint de réduire son train de vie, nous apprend Le Point.

Un oligarque discret et longtemps respecté
Si tous les milliardaires russes rencontrent actuellement de lourdes difficultés, les déboires d'Oleg Deripaska surprennent. En effet, l'homme est atypique dans le paysage oligarchique russe. Si sa fortune lui permet de mener un train de vie remarquable, Oleg Deripaska se distingue des autres milliardaires du pays par son sérieux – c'est un travailleur acharné – et sa sobriété, qui l'éloigne des boîtes de nuit et des pages people de la presse.

L'homme d'affaires de 42 ans est désormais contraint d'aller quémander des subsides auprès du Kremlin. Ses liens avec le pouvoir ont longtemps ressemblé à un conte de fées. En 2001, il convolait en justes noces avec Paulina Ioumacheva, fille de Valentin Ioumachev, ancien chef de l'administration de Boris Eltsine. Et il est considéré comme un des hommes qui ont hissé Vladimir Poutine au sommet de l'État.

Mais le président Medvedev n'est pas forcément romantique et les difficultés actuelles du milliardaire agacent au Kremlin. L'endettement de Rusal a des allures de tsunami : le groupe doit financer une dette de 25 milliards de dollars. Et le pouvoir reproche à Oleg Deripaska les risques pris par le capitaine d'entreprise pour développer son groupe à un rythme effréné. En deux ans, Rusal a doublé de volume, grâce à de nombreuses prises de participations dans tous les secteurs d'activité possibles en Europe (l'énergie, les travaux publics, l'aviation, l'assurance, l'automobile...).

Le passé, comme un boomerang
Et si le succès préserve de tous les maux, les échecs font ressurgir les péchés de jeunesse. Monté en puissance au milieu des années 1990, alors que le monde des affaires russes sonnait comme un film sombre de Scorsese, Oleg Deripaska aurait eu à l'époque des pratiques troubles. Et dès lors que ses soutiens politiques semblent se déliter, ses anciens compagnons ou adversaires se rappellent à son bon souvenir. Il fait l'objet d'une plaine – jugée recevable par la justice britannique – de son premier associé, Mikhaïl Tchernoï, qui lui réclame 4 milliards de dollars.

Le salut viendra-t-il de l'Ouest ?
Mais l'homme ne manque pas de soutien à l'étranger. Le Point reprend même une citation assez dithyrambique d'Anne Lauvergeon, la patronne d'Areva : « C'est une intelligence au laser, du charme et beaucoup de travail ». Et Oleg Deripaska aura bien besoin de ces supporters au moment où il se tourne vers les banques d'Europe de l'ouest pour obtenir le refinancement de sa dette. Oleg Deripaska compte d'ailleurs parmi les premiers débiteurs de BNP Paribas, qui commence à regretter de s'être lancé dans une aventure qui semblait à l'époque juteuse, mais qui apparaît aujourd'hui parsemée d'épines.


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