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Paul Desmarais Jr [PowerCorp, Pargesa] tancé au Canada pour ses parts dans Total
Zonebourse.com, le 09/10/2007
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(Zonebourse.com) - Quand Paul Desmarais croise « Free Burma »... Impossible de traverser le moindre site internet dans tomber, tôt ou tard, sur un bandeau affichant sa solidarité avec la Birmanie. Aux Etats-Unis, les activistes dénoncent le comportement d'une pétrolière américaine, ChevronTexaco, qui fait elle aussi des affaires avec la junte birmane. En France, Total est depuis bien longtemps en première ligne, depuis le fameux « rapport » commandé par la pétrolière à Bernard Kouchner. Il se trouve qu'au Canada aussi, des protestataires se manifestent, visant Total et l'un des ses grands actionnaires : Paul Desmarais.

Qui visent-ils ? C'est bien simple : en affaires, l'un des hommes les plus riches du Canada, Paul Desmarais, est allié avec le belge Albert Frère. Cette alliance transatlantique des milliardaires se matérialise notamment par la holding suisse Pargesa, qu'ils contrôlent de concert tous les deux.

Et Pargesa n'est autre que le premier actionnaire de Groupe Bruxelles Lambert (GBL), une holding belge dont le tout premier actif est constitué d'actions Total : ainsi les 3,9% du capital du pétrolier français détenus par GBL représentent-ils près de 30% de l'actif net réévalué de la holding au 30 juillet dernier. D'ailleurs, dans le dernier rapport annuel de Pargesa daté du 6 octobre, Paul Desmarais Jr écrivait que « Total demeure un des piliers du portefeuille » du groupe. En outre Paul Desmarais Jr, fils de Paul senior et président de PowerCorp, est aussi membre du conseil d'administration de Total depuis 2002.

La représentante canadienne d'Amnesty International, Béatrice Vaugrante, tempêtait lundi dernier : « ils ne peuvent pas nous dire que ce n’est pas de leurs affaires. Ils ont une grande influence sur le gouvernement birman. (...) Ces investisseurs ne peuvent plus rester silencieux, ils doivent faire pression ouvertement pour faire respecter les droits humains, arrêter le travail forcé, l’écrasement de villages entiers », a-t-elle déclaré.

La semaine passée, le président Sarkozy, qui passe pour faire partie des « amis » de la famille Desmarais, a appelé les groupes français à cesser d'investir en Birmanie. Dans le Monde du 7 octobre, la réponse du P-DG Christophe de Margerie est claire et sans appel : « nous avons entendu le message du chef de l’État, qui s’adressait clairement à nous. […] Total ne se retirera pas. Investir dans ce pays aujourd’hui serait une provocation, mais nos investissements remontent aux années 1990 et il n’y en a pas de nouveaux ».


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