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Portrait d'Azim Premji, le roi de la sous-traitance
Zonebourse.com, le 19/08/2010
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(Zonebourse.com) - Celui que l'on appelle le Bill Gates indien, en raison de ses préoccupations en matière sociale, est aussi un homme d'affaires avisé. Et très puissant. Dans un entretien exclusif accordé à CNBC, il revient sur ce qui a fait sa fortune, l'externalisation informatique, domaine dans lequel Azim Premji a été un pionnier visionnaire en Inde.

Azim Premji a pris le contrôle de l'entreprise familiale en 1966, quand son père a pris sa retraite ; il avait 21 ans. Aujourd'hui, il est à la tête de Wipro, géant indien du logiciel avec des revenus annuels de 6 milliards de dollars.

Connu pour ses divers engagements en faveur de l'éducation des jeunes indiens, notre milliardaire a fondé l'essentiel de sa fortune sur la sous-traitance dans les technologies de l'information. Il évoque les perspectives de son groupe, alors que la crise fait rage sur l'ensemble des marchés où il opère.

Après s'être revendiqué comme « un des pionniers ayant établi le concept d'outsourcing », Azim Premji dit ne pas avoir eu le moindre doute au moment de se lancer. « Quand vous vous engagez quelque part, si vous avez une attitude paranoïaque vis-à-vis du risque, vous ne faites plus rien », souligne-t-il.

Face à la crise, Wipro, détenu à 78% par le milliardaire indien, a réussi à conserver ses plus prestigieux clients en anticipant les turbulences. Six à neuf mois avant le déclenchement de la crise, Premji avait baissé ses tarifs et amélioré le service rendu. Selon lui, pour s'en sortir il fallait être capable « d'offrir plus de valeur au client, tout en réduisant les prix ».

Autres leviers stratégiques : continuer à investir et toujours mieux former ses collaborateurs, de manière à préserver l'avantage compétitif, sur un marché hautement concurrentiel (IBM, Capgemini, Accenture, EDS).

Seul problème rencontré, la réticence des pays développés à se tourner vers les entreprises des pays émergents, notamment indiennes. « Le problème avec les pays développés est qu'ils adorent la libéralisation pourvu qu'elle ne les affecte pas », précise Azim Premji. Traduction de ce protectionnisme, la réticence à délivrer des visas aux travailleurs étrangers, même qualifiés.

Pour contourner cet obstacle, Wipro emploie de plus en plus de salariés locaux. « L'année prochaine, 50% de nos effectifs à l'étranger sera issu des pays dans lesquels ils sont nés », assure Premji.

Conscient du surplace de l'économie européenne (26% des revenus de Wipro), notre milliardaire compte naturellement sur la zone Asie-Pacifique, où la croissance est entre deux et deux fois et demi plus forte. « Le potentiel de croissance des services IT dans ces pays est encore plus prometteuse », assure-t-il. Il se donne 6 à 7 ans pour que cette région du monde soit dominante dans le bilan de Wipro.

Il s'exprime enfin sur sa politique d'acquisitions, qu'il envisage modeste (de 300 à 400 millions de dollars par an). Azim Premji reconnait que les différences de culture sont le maillon faible de toute politique d'expansion. « Nous n'avons pas acheté de mauvaises sociétés, mais nous avons fait certaines erreurs », reconnait-il à cet égard.

Avant d'acheter, il donne une petite recette qui a fait ses preuves : parler avec d'anciens employés, plus enclins à être sincères que le management en place.


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