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Première audience pour Liliane Bettencourt et sa fille
Zonebourse.com, le 08/09/2009
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(Zonebourse.com) - Décidément, rien n'aura été épargné à Liliane Bettencourt au cours de cette année 2009. Ebranlée par l'affaire Madoff qui lui a fait perdre quelques millions, touchée par la chute du cours de L'Oréal, voilà maintenant que cette dame de 87 ans se voit opposée à sa fille Françoise Meyers-Bettencourt, dans ce qu'il convient désormais d'appeler « l'affaire Banier Bettencourt ». La première audience s'est tenue jeudi dernier.

Elle s'appelle Liliane Henriette Charlotte Schueller, veuve Bettencourt. Elle est née le samedi 21 octobre 1922, dans le 7ème arrondissement de Paris. Elle est la fille d'Eugène Schueller, fondateur du groupe L'Oréal. Il y a encore deux ans, elle était la femme la plus riche du monde, avec une fortune estimée à une douzaine de milliards d'euros.

Depuis deux ans maintenant, cette femme discrète, secrète même, doit affronter sa propre fille dans les prémisses d'un procès qu'elle souhaiterait éviter.

Françoise Meyers-Bettencourt se bat quant à elle depuis 2007 pour démontrer que sa maman est sous l'emprise du photographe François-Marie Banier, qui aurait bénéficié des largesses de sa bienfaitrice et amie, à travers des dons qui représentent près d'un milliard d'euros.

Après de multiples rebondissements et autant de déclarations par médias interposés, les parties se sont retrouvées le 3 septembre pour une première audience, dite de « consignation ».

Extraits :

« Pourquoi cette procédure ? »

Isabelle Prévost-Deprez, Présidente du tribunal correctionnel de Nanterre, interroge Me Olivier Metzner, avocat de Madame Meyers-Bettencourt.

« J'ai déposé plainte dix-huit mois auparavant. Une enquête préliminaire a été ordonnée et le parquet semble avoir quelques hésitations sur la suite à lui donner » répond l'avocat. « Françoise Meyers-Bettencourt, inquiète pour sa mère, qui a 87 ans, estime qu'il est temps que la justice se saisisse du dossier ».

À tour de rôle, les protagonistes assènent leurs vérités comme s'il s'agissait de truismes.

La procureure d'abord, Marie-Christine Daubigney, manifeste vivement sa désapprobation :

« On ne saisit pas la justice comme on va au supermarché. Pour que l'action publique soit mise en mouvement, il y a des règles, il faut que le préjudice subi par le particulier soit direct et certain. Françoise Meyers-Bettencourt n'a rien à faire aujourd'hui dans cette histoire là. Elle n'a pas la qualité de partie civile et ne peut se la voir admettre. C'est ce que je vous demande de dire aujourd'hui » explique la procureure.

Me Hervé Temime, l'avocat de François-Marie Banier, renchérit en soutenant que la fille de Mme Bettencourt n'est pas en droit d'agir, et Me Georges Kiejman, nouvel avocat de Liliane Bettencourt, enfonce le clou : « Il y a des drames familiaux infiniment plus graves et qui ne viennent pas devant les juridictions pénales. Les poursuites que vous lancez dénient à Liliane Bettencourt le droit d'être elle-même ».

Me Metzner n'est heureusement pas en reste : « Serait-ce à dire que la fille unique de Liliane Bettencourt devrait laisser sa mère se faire dilapider, manipuler par un homme et ne rien dire ? N'est-ce pas son devoir d'intervenir voyant sa mère dans un tel état de dépendance ? » réplique-t-il.

Résultat des débats ? Une nouvelle audience est programmée pour le 11 décembre.


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