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Richard Branson annonce une crise pétrolière avant 2015
Zonebourse.com, le 09/02/2010
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(Zonebourse.com) - Richard Branson, associé à d'autres dirigeants d'entreprises, demandera cette semaine au gouvernement britannique de prendre des mesures d'urgence pour préparer une ère nouvelle, qui approche à grand pas : la fin du pétrole. Sans réaction d'envergure, la situation pourrait devenir très vite critique, alerte-t-il.

« Les cinq prochaines années nous confronteront à une nouvelle crise, la crise du pétrole (« oil crunch »). Cette fois-ci, nous avons la chance de pouvoir nous y préparer. Le défi est de bien utiliser le temps qu'il nous reste », avertit Sir Branson. Il poursuit : « Notre message au gouvernement et dirigeants d'entreprise est clair : agir. Ne laissez pas la crise du pétrole nous entraîner là où nous a entrainé la crise financière ».

Cet avertissement solennel doit aussi s'entendre comme un pavé dans la mare de l'Agence internationale de l'énergie (IEA), qui de longue date minimise la menace du « pic pétrolier » (« peak oil ») pour éviter de propager la panique sur les marchés. Jusqu'à maintenant, dans le sillage de cette institution, les gouvernements auraient délibérément refusé de prendre acte de la raréfaction des ressources pétrolières, préférant en appeler aux compagnies pétrolières et à l'Opep afin qu'ils se chargent d'ajuster l'offre à la demande. Les acteurs pétroliers ne se sont d'ailleurs pas fait prier pour balayer d'un revers de main toute menace de pénurie.

Mais les temps changent, et plus vite que prévu, car l'explosion de la demande pétrolière des pays émergents n'est absolument pas compensée par l'arrivée de nouvelles techniques de forage et la découverte de nouveaux gisements. Thierry Desmarest, président de Total, en a d'ailleurs convenu à Davos : « Le problème du pic pétrolier demeure », en dépit du fait qu'on pourra produire dans le futur quelque 95 millions de barils par jour, soit 10% de plus que les niveaux actuels, précise-t-il. En 2005, l'IEA était pourtant certaine que le monde pourrait produire 120 millions de barils par jour en 2030, un niveau aujourd'hui considéré comme un non-sens absolu.

Chris Skrebowski, l'expert indépendant mandaté par Richard Branson, n'en démord pas : pas plus tard qu'en 2014-2015, et peut-être avant, les prix du pétrole seront tellement élevés qu'ils vont « mettre en péril la croissance et provoquer une dislocation de l'économie mondiale ». Et dans ce contexte, la Grande-Bretagne serait particulièrement vulnérable, en devenant un importateur net de pétrole, gaz et charbon, à la merci des pays producteurs.

Richard Branson est il est vrai concerné au plus haut point par l'enjeu pétrolier, car nombre des activités de Virgin Group sont sensibles aux fluctuations des prix du baril. Mais notre homme d'affaires n'est pas égoïste, il voit plus loin que ses intérêts et milite pour une prise de conscience globale et une adaptation d'envergure. Car lui au moins a une porte de sortie : il a une navette spatiale à disposition...


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