L'actualité des Barons de la Bourse

Robert Louis-Dreyfus [Groupe Louis-Dreyfus] : l'« OM » qui cache la forêt
Zonebourse.com, le 19/10/2007
envoyerEnvoyer à un amiimprimerImprimeraccueilRetour accueil

(Zonebourse.com) - La sanction est tombée hier : l'un des patrons et héritiers du groupe qui porte son nom, Robert Louis-Dreyfus a été condamné en appel à dix mois de prison avec sursis, assortis de 200 000 euros d'amende. L'affaire portait sur des transferts suspects de joueurs de l'Olympique de Marseille (OM) de 1997 à 1999. S'il est bien connu comme actionnaire de l'OM, « RLD » est surtout le patron du conglomérat géant que constitue le Groupe Louis-Dreyfus.

Décidément, le football passionne les milliardaires, comme Roman Abramovitch et le Chelsea FC, ou le monégasque Michel Pastor, avec l'AS Monaco. Dans le cas de Robert Louis-Dreyfus, qui a également des parts dans le club belge le Standard de Liège, l'affaire est moins drôle. Mais cela aurait pu être pire : l'entraîneur de l'OM d'alors, Roland Courbis, a écopé pour sa part de deux ans « fermes ».

Louis-Dreyfus, une multinational multiforme
On parle beaucoup de l'OM qui est tout sauf le coeur de métier des sociétés de la famille Louis-Dreyfus. Fondée en 1851 par Léopold, il s'agit d'une multinationale familiale depuis sa création jusqu'à aujourd'hui. Les plus âgés d'entre vous se souviendront d'une action Louis-Dreyfus Citrus, retirée de la coté au début des années 2000. Cette action représentait une des filiales Agrumes du groupe. Car du haut de son chiffre d'affaires de plus de 26 milliards d'euros en 2006 - soit trois de plus qu'Air France, membre du CAC 40 - assortis de 750 millions d'euros de résultat net, selon La Croix, le groupe est présent sur les cinq continents. 53 pays, affirme son site Internet.

On trouve beaucoup d'activités, chez Louis-Dreyfus : du négoce de matières premières agricoles (maïs, orge, riza, blé, coton, sucre, café...), un créneau sur lequel il occupe la place de numéro 3 mondial. Louis-Dreyfus est aussi présent sur le négoce des « matières premières énergétiques » : aux Etats-Unis surtout, son rôle est de traiter, de « marketer », de transporter et de revendre du gaz naturel, du pétrole brut et de produits raffinés. Depuis 2005, Louis-Dreyfus Commodities permet au groupe d'affirmer sa présence sur les marchés industriels des métaux non-ferreux (cuivre, plomb, zinc...).

Sur le marché des agrumes, Louis-Dreyfus est un producteur d'oranges et de citrons, et se revendique numéro 1 mondial par sa part de marché. Il est également un armateur, c'est même son métier historique : ses bateaux transportent des marchandises en conteneurs comme en vrac. On trouve aussi LD Property, qui gère des bureaux des deux côtés de l'Atlantique. Et enfin Neuf Cegetel, anciennement LD Com, un opérateur télécoms dont le groupe détient 30% des parts et qui vaut en Bourse, à l'heure actuelle, presque 7 milliards d'euros pour 3 milliards de ventes en 2006.

Un montage patrimonial particulier
Le Groupe Louis-Dreyfus est contrôlé par la société Louis-Dreyfus SAS, dont le président est depuis 2006 Robert Louis-Dreyfus. Le directeur général est Philippe Louis-Dreyfus, qui s'occupe aussi de la branche transport maritime Louis-Dreyfus Armateurs. Selon La Croix du 18 juillet 2007, la SAS a pris le contrôle du groupe en passant de 16 à 55,7% de son capital.

Robert Louis-Dreyfus a racheté les parts d'autres membres de la famille d'une manière un peu particulière. C'est peut-être pourquoi il s'est adjoint les services de la banque Lazard, car comme l'écrit La Croix : « Robert Louis-Dreyfus ne devrait quasiment pas sortir un centime de sa poche. La quasi-totalité du financement va être apportée par un syndicat bancaire, qui se remboursera en prélevant une partie des bénéfices dégagés par l’entreprise. Le patron de l’OM s’est engagé vis-à-vis des banquiers à rester jusqu’à la fin du remboursement du prêt. Mais d’ici là, il a l’intention de céder sa participation à une fondation qui deviendra propriétaire des titres, avec obligation de les conserver durant 99 ans », écrit le journaliste Jean-Claude Bourbon.

La Croix rapporte que le groupe a été valorisé 2,7 milliards d'euros, ce qui semble faible au regard des ventes et de la marge nette du groupe (bénéfice net / ventes = 2,9%). Quoi qu'il en soit, selon le classement établi par Forbes, la fortune de la famille serait de 3,4 milliards de dollars, ce qui la classe au 264ème rang mondial parmi les milliardaires dans le classement de Forbes pour 2007.

Dans un tel ensemble, l'OM tient au mieux le rôle de « danseuse » : en début d'année, l'homme d'affaires Jack Kachkar prétendait racheter l'équipe de football pour... 115 millions d'euros.


Les autres titres :

Publicité

RSS

graph

Ils font l'actualité PerformanceBourse.com