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Thomas Boone Pickens veut en finir avec le diktat de l'Opep
Zonebourse.com, le 16/04/2010
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(Zonebourse.com) - Qu'on se le dise, la croisade de Thomas Boone Pickens contre le pétrole de l'Opep et en faveur des énergies produites sur le sol américain est loin de s'essouffler. Il en a remis une couche au Congrès, dans le cadre d'un débat animé sur la fiscalité énergétique. Le magnat américain du pétrole et farouche promoteur des énergies propres estime que Barack Obama dispose là d'une occasion unique d'en finir avec l'immobilisme en matière d'énergie.

« Quand allons-nous enfin arrêter d'investir dans l'Opep et commencer à investir en Amérique », a lancé T. Boone Pickens, le roi des pétroles texans, devant les parlementaires. Constatant la dépendance chronique de son pays vis-à-vis de l'or noir étranger, il appelle à un profond changement dans le mix énergétique américain.

Il a en effet donné quelques chiffres à faire froid dans le dos de l'administration US : sur un mois, janvier dernier, le déficit commercial de son pays s'est établi à 37,3 milliards de dollars, dont les trois quarts sont imputables à l'importation de pétrole étranger, soit approximativement 1 milliard de dollars par jour. « Le plus formidable transfert de richesses de l'histoire de l'humanité », assène-t-il. « Si vous croyez que l'Opep constitue un marché libre, vous êtes un nigaud », a-t-il ajouté.

Le milliardaire texan assure que les deux tiers de ce pétrole étranger sont directement utilisés dans les transports américains. Pour lui, construire davantage de centrales nucléaires, d'équipements photovoltaïques ou d'éoliennes ne fera pas une différence significative. TBP ne voit qu'une alternative : le gaz naturel. « Le seul moyen d'en finir avec la dépendance vis-à-vis de l'Opep est de remplacer leur pétrole cher et sale par du gaz naturel américain, propre et bon marché ».

Si l'Amérique veut, l'Amérique peut !
Notre homme ne dit pas cela en l'air. Il estime en effet les réserves de gaz sur le sol américain susceptibles de représenter deux siècles de consommation domestique. « Nous allons finir par apparaître comme des imbéciles si nous ne les utilisons pas pour nos transports », a-t-il lancé. Il a balayé ensuite d'un revers de main l'argument selon lequel il n'y aurait pas assez d'infrastructures gazières : « Faisons confiance à la libre entreprise. Si vous créez un marché, le secteur privé construira naturellement ces infrastructures ». Il faudra juste ne pas oublier d'arrêter de produire des voitures roulant à l'essence, pour qu'elles accueillent du GNV...

L'administration américaine aurait selon lui une responsabilité immense dans ce gâchis. « L'Amérique n'a pas eu de projet énergétique depuis 40 ans. Tous les présidents depuis Richard Nixon ont promis de réduire cette dépendance pétrolière. Le président Obama a promis d'éradiquer cette dépendance en 10 ans. Nous pouvons le faire. Et si nous le faisons, le président Obama sera le seul à avoir tenu sa promesse ».

La solution passera par supprimer les taxes sur les énergies propres produites outre-Atlantique et en instaurer sur le pétrole étranger, ce qui selon ses calculs offrirait une manne de 4 milliards de dollars par an sur 10 ans. Il réclame aussi le démarrage d'une véritable industrie américaine du gaz naturel, qui, accessoirement, constituerait un « formidable gisement d'emplois verts ».

A bientôt 82 ans, T. Boone Pickens se dit lui-même en bout de course, mais il ne supporte plus l'idée que son pays ne fasse rien pour en finir avec cette dépendance pétrolière. « Nous ne pouvons laisser perdurer cette situation et la léguer aux générations futures », a-t-il conclu.


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