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Warren Buffett reste le favori à long terme
Zonebourse.com, le 26/06/2009
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(Zonebourse.com) - Warren Buffett a commis des erreurs. Nous ne nous permettons pas un crime de lèse-majesté en prononçant ces mots, l'intéressé lui-même l'a admis. À lire Brett Arends, éditorialiste au Wall Street Journal (23/09), il ne serait pas très judicieux de suivre les investissements à court et moyen terme de M Buffett. Mais attention ! Une règle non-dite semble prévaloir à Wall Street : Warren Buffett ne se trompe pas. Ce sont les marchés qui ont tort. Il suffit d'être assez patient pour voir que le milliardaire a toujours raison... à la fin.

Mauvaises cartouches
Warren Buffett a racheté l'an passé pour 7 milliards de dollars d'actions ConocoPhillips, au prix de 82,55 $ alors que le titre ne se négocie plus qu'à 41 $ aujourd'hui. Buffett a admis qu'il avait pu commettre une erreur en achetant ces actions au prix fort. Mais il y a deux mois seulement, il réaffirmait sa conviction dans le maintien d'une demande forte pour l'énergie.

Et Brett Arends d'égrainer – un rien chambreur – les dernières opérations malheureuses du ténor de la Bourse : l'ami Warren a acquis des titres Johnson & Johnson à 62 $, il ne pourrait les revendre aujourd'hui qu'à 55 $ ; il a injecté 4,31 Milliards de dollars dans Kraft et le cours est passé entre temps de 33 à 25 $ ; il s'est amputé de 2,3 milliards de dollars pour se placer dans le capital d'US Bancorp, qui a vu son action s'effondrer de 31 à 17 $.

La question sous-jacente et quasi sacrilège est posée : Warren Buffett aurait-il donc perdu son flair légendaire, qui fit du milliardaire l'homme le plus écouté de Wall Street ?

Rester zen, même dans la tempête
Brett Arends admet tout de même que tout n'est pas noir – loin de là – dans le bilan de l'homme d'affaires. À travers Berkshire Hathaway, sa société d'investissement qui repose sur un confortable réservoir de cash tiré des activités d'assurance, Warren a su tirer profit d'opportunités exceptionnelles.

Il a ainsi pu bénéficier au bon moment des emprunts convertibles, à taux préférentiel (et très élevé !), des institutions du capitalisme américain que sont General Electric et Goldman Sachs. Il a pu profiter du désamour passager des marchés pour certains grands groupes (les blue chips), tels que Coca-Cola, le Washington Post ou American Express, pour y investir à bas prix, avec la certitude que leurs cotes remonteront à terme.

« À terme », c'est précisément l'expression clef pour comprendre la stratégie de Warren Buffett. Car l'homme n'est pas un spéculateur au jour le jour, mais c'est bien un investisseur, qui parie sur le long terme et sur la capacité des grandes compagnies à relever la tête. « À long terme, nous serons tous morts » disait John Maynard Keynes. Tous, sauf peut-être Warren Buffett...

La sagesse des anciens
La conclusion de Brett Arends vient finalement conforter les choix de Warren Buffett. Certes, l'homme n'a pas beaucoup bénéficié du rebond des marchés financiers. Les titres dans lesquels il a investi sont souvent restés à l'écart de la reprise. Mais de plus en plus d'analystes se montrent particulièrement suspicieux quant à la solidité du marché. Le redressement des cours, brutal et très rapide, semble trop artificiel. Ceux qui ont le plus gagné lors des dernières sont les investisseurs qui ont misé sur les valeurs les plus risquées.

Cette montée en puissance de la composante « risque » dans le cours des titres ne présage rien de bon, et une nouvelle rechute est à craindre. Finalement confie Brett Arends, en investissant dans le portefeuille de Warren Buffett, vous ne ferez peut-être pas des bénéfices mirobolants à court terme.

Mais dans un contexte où l'euphorie pourrait tourner à l'aigreur, vous seriez tout de même bien avisé de choisir le confort des valeurs prisées par le vénérable Warren.


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