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Wilbur Ross donne ses recettes pour 2010
Zonebourse.com, le 12/03/2010
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(Zonebourse.com) - Dans un entretien à cnnmoney.com, Wilbur Ross nous livre les opportunités d'investissement pour cette année, marquée encore par une grande volatilité et une fin de crise qui se fera attendre. Le titre de cette interview ? « Mister Distress is ready to buy ». Malgré (ou à cause de) sa prudence légendaire, son point de vue est une source précieuse d'enseignements sur la tendance des marchés.

En guise de préambule, il est rappelé que Wilbur Ross a, en 2002, racheté l'aciériste LTV, en faillite à l'époque, pour la modique somme de 325 millions de dollars. Deux ans après, il revendait cet actif 4,5 milliards... Une manière de faire comprendre qu'il peut être avantageux de suivre cet investisseur, présent notamment dans le textile, l'acier et les équipements automobiles. Sa principale qualité ? Relever des entreprises tenues pour mortes.

L'assurance et l'immobilier en tête
Selon lui, le secteur de l'assurance devrait tirer son épingle du jeu cette année. « Les actions des assureurs ont beaucoup souffert de leur exposition aux subprimes, au marché de la rente et à l'immobilier commercial. Je ne citerai pas de noms, mais certaines compagnies d'assurance bien gérées en sortiront plus fortes », explique-t-il. A l'inverse, il conseille d'attendre avant de se porter sur les valeurs bancaires, encore trop fragiles. Il assure d'ailleurs que « plusieurs centaines de banques feront faillite avant le retournement de cycle ».

Maître Ross préfère de loin le marché de l'immobilier commercial et résidentiel, qui « va devenir très intéressant, mais pas encore tout de suite ». Il n'évacue à cet égard pas la rumeur selon laquelle il aurait dans le viseur le rachat de l'ensemble immobilier new-yorkais Peter Cooper Village/Stuyvesant Town, actuellement au bord de la faillite. Il souligne que ce complexe situé dans l'East Side à Manhattan, rassemblant 110 bâtiments rouge brique, 11 250 appartements, pour plus de 25 000 habitants, constitue « un indicateur en avance de ce qui va venir » dans l'immobilier. Si la rentabilité à terme de cette éventuelle opération est assurée, car « New York a besoin d'habitations abordables pour les classes moyennes », il attendra encore un peu que les prix baissent pour lancer une offre. On ne change pas une méthode qui gagne...

Comment se comporteront les marchés cette année ?
2010 « va être une année marquée par une grande volatilité », anticipe Wilbur Ross, précisant que « ce ne sera pas une année pour les marchés d'actions, mais pour certaines actions en particulier ».

Selon lui, le plus grand défi pour les investisseurs sera l'intervention de l'Etat. « Washington est le nouveau Wall Street. Aucune transaction significative ne se fera sans lui », avance-t-il. « Mais il n'y a aucune preuve que plus de régulation améliore les choses », ajoute cet incorrigible libéral. Pour preuve, il souligne que « le secteur économique le plus régulé aux Etats-Unis est celui de la banque commerciale, et cela n'a pas empêché les institutions de prendre les décisions les plus épouvantables ».

Le défi ultime à relever pour les investisseurs cette année ? « La relation entre l'information et la prise de décision ». Il explique que « tout le monde dispose de la même information, à peu près au même moment, de telle sorte que la valeur de l'information est proche de zéro ». Il donne l'exemple de la Grèce, qui, soudainement, a fait peur à tout le monde. « Si demain, les gens décident que c'est la Californie le problème, les marchés suivront encore une fois », poursuit-il. « La valeur de l'expertise et la capacité à interpréter l'information », voilà, selon Wilbur Ross, ce qui permettra de distinguer le bon et le mauvais investisseur.


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