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William Ackman face à la sécheresse du crédit
Zonebourse.com, le 28/09/2009
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(Zonebourse.com) - William Ackman a connu des moments difficiles. Vous avez pu lire ici les rebondissements de l'affaire Target Group, un des principaux groupes de distribution au États-Unis. Aujourd'hui, ce sont les fonds qui viennent à lui manquer. Son cas n'est pas isolé : tous les activistes financiers connaissent les mêmes déboires, faute d'investisseurs prêts à s'engager sur le long terme.

Depuis son entrée au capital de Target Group, William Ackman s'est démené pour convaincre l'équipe dirigeante de procéder à des cessions qui auraient permis de restaurer au moins partiellement la valeur de l'entreprise, et auraient pu remonter le moral des actionnaires qui voient fondre leurs investissements.

Il avait demandé la cession de l'activité cartes de crédits, puis il s'était lancé dans une vive campagne pour contraindre le groupe à vendre ses propriétés foncières (les sols sur lesquels sont implantés ses magasins). Face à l'opposition farouche des dirigeants, Ackman avait alors décidé d'ouvrir une bataille pour entrer au conseil d'administration... là encore, sans succès.

Mais ce n'est pas le seul ennui auquel doit faire face William Ackman.

Des crédits oui, mais à court terme !
Le patron du fonds d'investissement Pershing Square Capital Management est catalogué outre-Atlantique dans la catégorie des activistes financiers. Mais si ce terme (« activiste ») revêt un certain aspect péjoratif dans la langue de Molière, il en va tout autrement dans celle de Shakespeare.

Les activistes financiers sont aux antipodes des spéculateurs à court terme. Lorsqu'ils mettent le pied dans une entreprise c'est pour y rester assez longtemps. Ils choisissent en général une société qui traverse des difficultés et déploient alors tous leurs efforts - qui peuvent s'inscrire parfois sur une longue durée - pour forcer les décisions des dirigeants et accroître la valeur de leurs investissements.

Mais en ces temps (encore) difficiles, les activistes financiers peinent à lever les liquidités dont ils ont besoin. En effet, les bailleurs de fonds, et notamment les banques, ne veulent pas se retrouver coincés avec des engagements à long terme en cas de nouveau retournement des marchés.

Les banques sont prêtes à s'engager mais uniquement sur des créances fortement liquides. Autrement dit, les activistes financiers sont plus ou moins exclus du marché du crédit.

Heureusement pour lui, William Ackman avait pu lever des fonds assez importants dès 2007, avant que les conditions de crédit ne se durcissent. Mais il demeure que son investissement dans Target est toujours déficitaire.

Et si le titre a légèrement rebondi ces dernières semaines, Ackman n'est pas encore parvenu à mettre en place un dispositif qui lui permettrait de retomber sur ses pieds.


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