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William Ackman garde la mainmise sur General Growth Properties
Zonebourse.com, le 11/03/2010
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(Zonebourse.com) - William Ackman doit affronter la colère froide des créanciers de General Growth Properties, l'un des premiers groupes d'immobilier commercial outre-Atlantique. L'activiste financer est même poursuivi en justice pour conflit d'intérêts dans l'affaire. Mais Ackman nous montre la pertinence d'une vieille maxime : "c'est toujours bon d'être le chef"...

À la tête d'environ 200 centres commerciaux à travers les États-Unis, GGP est entré sous la protection de la loi contre les faillites en avril dernier, après avoir annoncé la plus gigantesque banqueroute que le secteur immobilier américain ait jamais connue dans son histoire.

Il y a trois semaines, un autre géant des centres commerciaux américains, Simon Property Group, se présentait en chevalier blanc : David Simon apportait 10 milliards de dollars sur la table, s'engageant à consacrer, sur cette somme, 7 milliards au remboursement intégral des créanciers de GGP.

Un scénario qui avait l'avantage de plaire à tout le monde... sauf à un homme, William Ackman. Ackman est à la fois le principal actionnaire de General Growth, avec les 25% détenus par son fonds d'investissement Pershing Square Capital, et le directeur opérationnel de la société.

L'homme n'avait du coup aucun intérêt à entériner un accord qui privilégiait les créanciers plus que les actionnaires. Et comme le directeur Ackman est aux manettes, il n'y aucune raison pour qu'il se prive de venir en aide à l'actionnaire William...

William Ackman est allé voir de l'autre côté de la frontière, au Canada, où il a trouvé la main secourable de Brookfield Asset Management. Celui-ci va permettre à General Growth de sortir de la protection de la loi sur les faillites sans renoncer à son indépendance.

Un accord au blindage renforcé
En échange, Brookfield Asset Management obtient des garanties solides. Il pourra notamment faire jouer une option d'achat de sept ans sur 60 millions de titres GGP, au prix de 15 dollars par action. En attendant que le tribunal des faillites entérine l'accord, c'est Pershing Square Capital qui assumera la garantie octroyée au Canadien.

Et Ackman a ajouté une clause qui prévoit que, si GGP noue un accord avec un autre partenaire que Brookfield, Pershing reversera à la firme canadienne une partie de ses profits tirés de son investissement dans General Growth.

Du coup, comme on pouvait s'y attendre, Simon et les créanciers de GGP crient au scandale. Ils se sont portés en justice pour obtenir l'annulation de l'accord, invoquant le "conflit d'intérêts manifeste" dont ferait l'objet Ackman.

David Simon est ulcéré de voir qu'Ackman a même prévu une clause qui l'empêche de participer d'une manière ou d'une autre à l'affaire. Mais Ackman semble déjà avoir partie gagnée : en fin de semaine passée, le tribunal des faillites a accordé quatre mois de délai supplémentaire à GGP sous la protection du chapitre 11.


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