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William Ackman [Pershing Square Capital] : Ambac et MBIA face à 23 milliards de $ de pertes !
PerfomanceBourse.com, le 31/01/2008
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Patron du fonds activiste new-yorkais Pershing Square Capital, William Ackman ne va pas se faire des amis chez les « réhausseurs » de crédits. Il a envoyé une longue lettre – une vingtaine de pages datée du 30/01 – à tous les régulateurs financiers que comptent les Etats-Unis, de la Fed à la SEC en passant par les régulateurs des Etats fédérés et même... celui des Bermudes. Sans oublier le Parlement de Washington – deux sénateurs et deux représentants. Ackman tenait simplement à leur faire part du modèle financier grâce auquel il chiffre les pertes potentielles de deux réhausseurs, Ambac et MBIA. Résultat de ses estimations : 23 milliards de dollars !

Bien élevé, William Ackman commence ainsi sa lettre : « afin de tenter d’améliorer la connaissance du marché quant aux pertes potentielles des sociétés d’assurance obligataire, nous rendons aujourd’hui publique une modélisation financière dynamique (appelée « Modèle Open Source ») qui contient tous les détails des expositions d’Ambac, MBIA et leurs filiales ». Charmant garçon !

Les « réhausseurs » en baisse

Rappelons que ces assureurs obligataires, qui se sont longtemps contenté de garantir des obligations municipales, sont en grande difficulté après avoir assuré aussi des produits obligataires fabriqués à partir de crédits immobiliers US à risques (CDO, ABS, et autres MBS), les fameux « subprimes ». Certains grands assureurs obligataires comme Ambac et FIGC ont été dégradés par les agences de notation crédit : cela menace directement la raison pour laquelle on les appelle aussi « réhausseurs de crédits », puisque la bonne notation des assureurs obligataires profite à leurs clients, et que celle d’Ambac et de MBIA a été abaissée par l’agence Fitch ces derniers jours, pour cause de « subprimes ».

Problème : la note s’applique aussi au client lorsqu’elle est moins bonne... Quand on sait que l'assurance obligataire porte au total sur 2.500 milliards, on mesure le risque potentiel pour le secteur financier. Sans compter qu’à eux seuls, Ambac et MBIA en représentent 1.200 milliards !

Des pertes pour eux et des profits aussi !

Wiliam Ackman fait sans doute partie des baissiers les plus anciens sur les actions de « réhausseurs ». Il annonce leur chute depuis des années... Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a dû lui rapporter beaucoup d’argent récemment : comme il avait vendu à découvert - « shorter » - des actions comme Ambac, MBIA... et que leur cours a perdu la quasi-totalité de sa valeur ces derniers mois, le compte en banque de Pershing doit être bien garni maintenant...

Mais pas encore assez. Dans sa lettre du 3à janvier, William Ackman a « simplement » fait part de son analyse d’un secteur d’activité qu’il connaît bien... Ackman indique que deux réhausseurs, Ambac et MBIA, seront d’ici peu confrontées à des pertes cumulées de plus de 23 milliards de dollars, puisqu’ils assurent – et s’engagent donc à remplacer, en cas de défaut de paiement – des émetteurs de produits obligataires (ABS, MBS) faits de « subprimes ».

Idées de sorties de crise ?

C’est bien plus que ce sociétés elles-mêmes ne l’attendent... Ackman propose que le régulateur fasse cesser les mouvements de trésorerie entre filiales bénéficiaires et déficitaires, et le versement des dividendes par ces sociétés – s’il dit vrai, MBIA et Ambac auront bien besoin de liquidités...

Depuis le début de l’année, les actions des deux sociétés ont perdu entre 80 et 90% de leurs valeur. Pour retenir les actionnaires qui restent, les dividendes étaient bien pratiques. Bref, la crise des réhausseurs n’a pas l’air terminée...




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La chronique bimensuelle de Performance Bourse


Mercredi 5 novembre 2008 (clôture du 4 novembre)
Après une chute dont la rapidité s'est accentuée en septembre, les marchés boursiers semblent se rapprocher de leur point bas. Si la volatilité reste de mise, les grands indices tendent à se stabiliser. Sur les quinze derniers jours, le Dow Jones gagne 3,16% à New-York et le CAC 40 parisien 1,5%, autour de respectivement 9.500 et 3.500 points. Les investisseurs semblent s'habituer à la tendance récessive de l'économie, alors que la panique financière semble maintenant jugulée par les plans coordonnés des différents Etats. Attention : certes, le marché monétaire sur lesquelles les banques accèdent aux ressources dont elles se serviront, avec leurs dépôts, pour accorder des prêts, a retrouvé une certaine activité. Mais il reste cher et tendu. En dépit de leurs discours officiels, les banques se montrent frileuses quant à l'octroi de nouveaux crédits à leurs clients. En cette fin d'année, ménages et entreprises devront compter sur un soutien réduit de leur banque dans la mise en œuvre de leurs projets.
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