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William Ackman vise 5 sièges au conseil d'administration de Target
Zonebourse.com, le 20/03/2009
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(Zonebourse.com) - William Ackman, patron du fonds d'investissement Pershing Square Capital, entend s'inviter, en compagnie de quatre autres hommes de confiance, au conseil d'administration de Target Corp, distributeur « discount » basé à Minneapolis. William Ackman a constitué une équipe de choc pour l'occasion : un juriste, un banquier, un spécialiste du commerce (ancien de chez Starbucks) et un professionnel de l'immobilier. Sa motivation affichée est simple : « Nous pensons pouvoir être utiles ».

Tout le monde se dit « déçu »
La direction exécutive de Target a annoncé son refus face à cette proposition, affichant sa « déception », face à la volonté de William Ackman d'engager un bras de fer pour les sièges du conseil.

Il faut dire que la relation entre William Ackman et Target ne date pas d'hier et fut traversée par une série de tensions et revirements. En juillet 2007, Pershing Square Capital Management a pris une participation de 9,7 % dans le capital de Target. Mais depuis, les performances du groupe n'ont cessé de se dégrader (Target vient de subir 6 trimestres consécutifs de baisse des résultats) et, plus grave, le cours de Bourse s'est effondré de plus de 50 %.

William Ackman, qui avait constitué un fonds investissant exclusivement dans Target, a même dû se fendre d'une lettre d'excuse aux actionnaires de cette filiale, confiant sa « déception » face aux résultats du distributeur et indiquant que ceux qui voudraient retirer leurs billes pourraient le faire immédiatement en étant cash. Heureusement, assure-t-il, la plupart sont restés.

En février dernier, William Ackman annonçait que Pershing Square Capital Management avait réduit sa participation à 7,8 %.

Target, le pouvoir de dire « non »
Pour restaurer le cours de Bourse, Ackman avait proposé fin 2008 un plan de cession des activités de cartes de crédit et des biens fonciers de Target. L'activiste financier préconisait notamment la création d'une holding où seraient placés les terrains sur lesquels sont installés les magasins Target. 20 % de la nouvelle entité serait immédiatement cédés au public.

Et là encore, les patrons de Target avait dit « non », tout au moins au volet immobilier de l'affaire. Cependant la moitié de l'activité de cartes de crédit a été vendue à JP Morgan pour 3,6 milliards de dollars.

La fin de l'amour courtois ?
Quelles sont les chances de réussite du « coup de force » de William Ackman ? D'habitude, l'homme n'a pas besoin d'entrer au conseil d'administration pour convaincre les dirigeants de la justesse de ses vues. Mais à lire ce qui précède, on comprend aujourd'hui sa frustration. Et si les investisseurs institutionnels (Fidelity Investments et Vanguard Group) ont peu de chance de voter pour lui, on imagine mal cet homme tenace quitter bredouille la réunion du conseil, prévue en mai, pour le renouvellement de 4 des 12 sièges d'administrateurs.

Lorsqu'il était venu discuter de sa proposition au siège de Target, le mois dernier, William Ackman avait déclaré en sortant que la rencontre avait été « agréable et courtoise », apprend-t-on sur le site du principal journal de Minneapolis, le Star Tribune, où les « posts » des lecteurs sont particulièrement sévères pour Ackman.

Il semble que depuis, la courtoisie ait été un peu malmenée...


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